Un nouveau droit pour les entreprises par Blanche Segrestin

Un nouveau droit pour les entreprises par Blanche Segrestin

Blanche Segrestin propose un nouveau droit pour l’entreprise dans son livre Refonder l’Entreprise

Inspirations

Pour permettre aux entreprises de réellement jouer leur rôle de créations de richesses (économiques, sociales, …) sur leurs territoires, une révision de certains fondamentaux est indispensable ; dans leur livre, Blanche Segrestin et Armand Hatchuel, propose un nouveau droit spécifique pour les entreprises.

Pour permettre aux entreprises de réellement jouer leur rôle de créations de richesses (économiques, sociales, …) sur leurs territoires, une révision de certains fondamentaux est indispensable ; notamment leur finalité uniquement économique.
Aujourd’hui, seules des initiatives volontaires permettent de visualiser l’impact de tels changements. Alors à quand et comment généraliser ce type de pratiques ?

 

De quoi cela parle-t-il ?

Expliquant que la crise financière en cours est un symptôme révélateur d’une crise beaucoup plus profonde de l’entreprise et de sa gestion, les auteurs réfléchissent à la place des actionnaires, aux effets sociaux et environnementaux en découlant, et à la réduction de la capacité d’innovation et de justice sociale des entreprises.
Dans ce livre, ils souhaitent inventer un nouveau “être collectif’, l’entreprise, qui exige compétence, autorité de gestion et organisation.

 

Une critique forte de la société anonyme

Face au constat que la société anonyme a été soutenue par les pouvoirs publics car vue comme un outil de développement économique et social, les auteurs déplorent la disparition des notions de “cohésion sociale” et de “création de valeurs”. A la place, existe un projet d’investissement financier pour les actionnaires et des jeux de contrats de travail flexibles pour les salariés. D’après eux, l’intérêt des actionnaires prévaut aujourd’hui sur celui de l’entreprise en elle même. Et aucune règle n’est venue protéger cette dernière.

 

Une sortie de crise possible

Les auteurs expliquent que la sortie de crise nécessite l’effort de réinventer l’entreprise en dégageant les nouvelles formes qu’elle pourrait prendre à l’avenir au delà du profit (ex impact environnemental).
Il faut d’après eux réinstaurer le statut d’entreprise (au niveau du droit) face à la société anonyme.

 

De quoi doit être composée cette nouvelle “entreprise” ?

Ils présentent 4 grands principes indispensables pour faire l’entreprise :

  • sa mission doit être inventive : ambition d’innover, de créer des produits nouveaux, de conduire des progrès collectifs
  • son dirigeant doit être habilité : sa tâche n’est pas d’exécuter un projet ou de réaliser des volontés particulières, mais de faire apparaître de nouvelles options dans l’intérêt de l’entreprise.
  • son collectif est engagé pour l’entreprise : seuls les acteurs “engagés” constituent la communauté de l’entreprise ce qui laisse imaginer une nouvelle forme de démocratie dans l’entreprise
  • la solidarité de l’action collective : tous les membres d’une entreprise prennent le risque de voir leurs potentiels augmentés ou dégradés par les décisions de l’autorité de gestion. Par conséquent, tous les risques sont rémunérés … autant ceux pris par les actionnaires (risque de perdre du capital, incertitudes des dividendes) que par les salariés (précarité des contrats de travail, licenciements ou caractère aléatoire des promotions…).

 

Un nouveau droit pour l’entreprise

Les auteurs souhaitent qu’une “norme d’entreprisedifférente des sociétés anonymes soit mise en place et mette en avant une nouvelle conception de l’entreprise, “ce qui aurait d’emblée une valeur instructive”.
L’entreprise devra poursuivre des objectifs autres que la valeur actionnariale, dès lors qu’ils sont approuvés et évalués.
Un contrat d’entreprise permettra les conditions d’un développement économique, social et environnemental et ses signataires renonceront à faire valoir des intérêts particuliers contre le projet commun.

 

Qui sont les auteurs ?

Blanche Segrestin et Armand Hatchuel sont professeurs à Mines ParisTech.

 

A qui s’adresse-t-il ?

Ce livre s’adresse principalement à des décideurs, penseurs, acteurs du changement législatifs, spécialistes qui souhaitent construire un projet collectif créateur et solidaire et qui pensent que le droit est une des portes d’entrée efficace.

 

Ce que nous avons particulièrement aimé

  • les explications précises entre la notion d’entreprise et celle de la société anonyme au niveau du droit
  • les références à des expériences très diverses (les coopératives ouvrières, l’autogestion et la participation, la co-surveillance et la RSE)
  • les propositions concrètes au niveau du droit français.

 

Notre “bémol”

Même si son contenu est fort intéressant, ce livre n’est pas un livre facile d’accès.
Si vous voulez néanmoins aller plus loin, vous trouverez des vidéos sur le net de Blanche Segrestin, dont une vidéo de 9 minutes :

Nos derniers articles

Innover c'est permettre à l'entreprise de prendre du recul et d'imaginer des possibles différents.
Organiser c'est structurer l'entreprise en cohérence avec sa culture, ses individus et son ambition.
Autrement c'est être pragmatique, adapté aux spécificités de chaque entreprise et flexible car tout évolue.

NOUS TROUVER

UMANO
29 chemin Richelieu
33270 Floirac

contact@umano-ito.fr

07 63 54 35 63
06 13 78 88 89